Étudiants au travail : Évolution au Québec et au Canada

Les étudiants sont aujourd’hui plus nombreux à occuper un emploi d’été, en comparaison de leurs aînés du tournant des années ’80. Et c’est davantage vrai pour les jeunes femmes.  C’est ce qui se dégage d’une récente étude de l’Institut de la statistique du Québec.

Ces données sont également confirmées par celles de Statistique Canada pour l’ensemble du pays.

«Que ce soit pendant les mois d’étude ou pendant la période estivale, le travail constitue dorénavant une dimension incontournable à la compréhension des conditions de vie des étudiants», écrit Marc-André Gauthier, analyste à l’Institut de la statistique du Québec.

Les jeunes étudiants travaillent davantage pendant leurs études que leurs aînés du tournant des années ‘80. Parmi eux, ceux de 20 à 24 ans représentent 3% des travailleurs québécois, comparativement à 1% en 1981. Chez les 15 à 19 ans, «la représentativité de ce groupe dans l’ensemble des travailleurs québécois passe de 3 à 4%, mentionne le chercheur. Pourtant le poids démographique de ces jeunes (15 à 24 ans) a diminué de 24% au cours de cette même période.

C’est au Québec qu’ils sont le plus nombreux à décrocher un emploi d’été: en juillet et août 2016, ils étaient près de 323 000 à travailler (soit pratiquement un  étudiant sur deux). Chez les étudiants de 15 à 24 ans le taux d’emploi s’est élevé à 61% (étudiants retournant aux études et autres étudiants), ce qui en fait le taux le plus élevé au pays, après l’île du Prince Édouard, et suivi par les autres provinces maritimes et la Colombie Britannique.

Taux d’emploi des étudiants à temps plein de 15 à 24 ans (juillet 2017, par province (Statistique Canada – Enquête sur la population active (EPA) CANSIM 282-0006)

Province Retournant aux études Autres étudiants*
Terre Neuve et Labrador 43.2% 47.7%
Ile du Prince Édouard 61.1% 82.4%
Nouvelle Ecosse 48 66.1
Nouveau Brunswick 49.3 55.8
Québec 56 65.4
Ontario 44.4 62.2
Manitoba 48.1 70.5
Saskatchewan 49.2 65.0
Alberta 47.8 62.6
Colombie Britannique 49.9 69.8

*Personnes qui fréquentaient l’école à temps plein en mars et qui n’ont pas l’intention ou ne sont pas certaines de retourner aux études à temps plein à l’automne.

LES ÉTUDIANTES SONT PLUS NOMBREUSES À DÉCROCHER UN EMPLOI

Depuis maintenant plus de vingt ans, le taux d’emploi des étudiantes surpasse celui de leurs confrères. Et la tendance s’accentue. L’écart avoisine les 3% de 1992 à 1999 et se creuse à 7 points de 2000 à 2011. La crise de 2008 semble aussi avoir moins affecté les étudiantes que les étudiants, relève l’analyse, ces dernières connaissant un recul d’un peu plus de deux points du taux d’emploi comparativement à environ cinq points chez les étudiants.

Finalement le taux pendant que la proportion d’étudiants détenant un emploi d’été passait de 45 à 50 pour cent de 1995 à 2015, le taux de travail des étudiantes bondissait de 44 à 59 pour cent. En 2011, le taux d’emploi des étudiantes de 20 à 24 ans (58%) dépassait même celui de l’ensemble des femmes (56%). De plus, pendant les mois d’études, les jeunes femmes sont 40% plus nombreuses que les étudiants à occuper un emploi.

QU’EN EST-IL DE L’EMPLOI D’ÉTÉ ?

L’emploi estival a chuté au cours de la crise de 2008. Durant cette période le taux d’emploi chez les étudiants de 20 à 24 ans avait reculé d’environ 8 points.

À l’instar de ce qui se passe au cours de l’année scolaire, les jeunes étudiantes obtiennent davantage un emploi que leurs confrères. Certains économistes posent l’hypothèse que le succès relatif des étudiantes par rapport à leurs homologues masculins serait lié à la croissance des secteurs économiques qui embauchent traditionnellement des femmes : vente au détail, services d’hébergement et restauration, qui ont connu une croissance depuis les années ’90.

Plus d’un jeune sur dix travaille dans le domaine des services de l’hôtellerie et de la restauration, ainsi que pour l’industrie des soins de santé et d’assistance sociale.

Répartition de l’emploi par industrie, 15-29 ans, 2015 (Statistique Canada, Institut de la statistique du Québec)

Commerce: 23,2 %
Hébergement et services de restauration: 12,6%
Soins de santé et assistance sociale: 11,5 %
Fabrication: 8,7%
Services professionnels, scientifiques et techniques: 6,4 %
Information, culture et loisirs: 6,2 %
Construction: 6,1 %
Services d’enseignement: 5,3 %
Finance, assurances, immobilier et location: 4,1 %
Services aux entreprises, relatifs aux bâtiments et autres services de soutien: 3,8 pour cent
Autres services: 3,8 %
Administrations publiques: 3,7 %
Transport et entreposage: 2,6 pour cent
Secteur primaire et services publics: 1,0%

UNE TENDANCE OBSERVABLE DANS TOUT LE PAYS

Bien que les étudiants québécois occupent un emploi davantage que leurs homologues canadiens, reste que la tendance canadienne reflète aussi la réalité québécoise.

«Au cours des 35 dernières années, observe l’économiste Katherine Marshall, de Statistique Canada, le taux d’emploi chez les étudiants postsecondaires à temps plein est passé de un sur quatre à juste un peu moins de un sur deux. Par ailleurs, le taux d’emploi d’été chez ce même groupe est resté stable.»

La plus grande participation des étudiantes sur le marché du travail s’observe aussi dans l’ensemble du pays, et ce, depuis le début des années ’90. Quant au nombre d’heures, il a augmenté tout au long des années ’90 pour atteindre 16 heures à la fin de la décennie. Il se maintient à ce niveau depuis. Les hommes travaillent entre 1,5 et 2,5 heures de plus que les femmes.

Les étudiants immigrants parviennent moins souvent à trouver un emploi que leurs collègues nés au Canada. Les immigrants vivent davantage cette difficulté que leurs consœurs.

Les étudiants des grands centres travaillent davantage que ceux des petites villes (47% vs 39%).

«Bien que la part des étudiants vivant à la maison (au moins 30 jours par année) varie considérablement en raison de l’âge, 85% chez ceux âgés de 15 à 19 ans, comparativement à 61% chez ceux âgés de 20 à 24 ans, on n’observe aucune variation notable du taux d’emploi en fonction de l’âge et du lieu de résidence», souligne Katherine Marshall.

Le nombre d’heures de travail hebdomadaire varie peu, quelle que soit la catégorie étudiée. «On constate une différence de moins de deux heures chez l’ensemble des étudiants toutes catégories confondues, constate l’économiste de Statistique Canada (…) Moins d’un étudiant sur cinq travaillait plus de vingt heures par semaine.»

Plus de 95% des étudiants qui travaillent œuvrent dans le secteur des services, comparativement à 78% chez les non étudiants.

En conclusion, au Canada le taux de chômage (11.7%) chez les jeunes de 15 à 24 ans (étudiants et non étudiants) est au plus bas depuis septembre  2008.  Comparativement à 12 mois plus tôt, l’emploi des jeunes était pratiquement inchangé.

Sources : Marc-André Gauthier, Le travail rémunéré chez les étudiants québécois : portrait de trente années d’évolution
Katherine Marshall, Profil d’emploi des étudiants postsecondaires
Enquêtes et données Statistique Canada et Institut de la Statistique du Québec – Enquête sur la population active – Avril 2017


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