Entrevue d’embauche: le «ghosting» de plus en plus répandu?

L’expression « ghoster », phénomène popularisé par l’entremise des plateformes de rencontre en ligne, signifie le fait de « disparaître » en ne donnant plus de nouvelles. Alors que sévit actuellement une importante pénurie de main-d’œuvre, les candidats et candidates ont aujourd’hui l’embarras du choix de postes. Selon les spécialistes du recrutement, cette position de force incite les travailleurs et travailleuses à poser un lapin aux employeurs potentiels qu’ils ou elles devaient rencontrer après avoir accepté une entrevue. Est-ce que le ghosting serait en train de prendre d’assaut l’univers du travail? 

Les candidats et candidates ont aujourd’hui le « gros bout du bâton » quant au choix d’un poste parmi ceux offerts. Les employeurs et les recruteuses et recruteurs canadiens disent non seulement avoir de la difficulté à pourvoir les postes vacants, mais aussi devoir faire face au phénomène du ghosting, qui serait de plus en plus fréquent depuis deux ans. Des statistiques publiées par la plateforme d’emplois Indeed à la mi-mai révélaient que plus de 80 % des employeurs auraient été désertés un candidat ou une candidate. Ces personnes qui font de la fantômisation prennent rendez-vous pour une entrevue, mais ne s’y présentent finalement jamais et cessent toute communication. Certaines personnes acceptent même un poste, mais ne viennent jamais à leur première journée de travail. 

Mais pourquoi utiliser ce comportement peu recommandable? N’est-il pas plus simple de choisir à la base les entrevues qui nous intéressent véritablement ou d’aviser rapidement par courriel la personne avec qui l’on est en contact si on ne compte pas s’y rendre? Chose certaine, ce ghosting fait perdre beaucoup de temps aux deux parties en présence. Victimes de ces défections, les employeurs des industries de la restauration, du commerce de détail et de bien d’autres domaines d’emploi s’interrogent. Il semblerait que l’éventail de possibilités qui s’offrent aux potentiels candidats et candidates, leur pouvoir de négociation et l’anonymat du virtuel sont des réalités qui favorisent actuellement ce type de comportement. Les employeurs déplorent surtout le fait qu’ils ne reçoivent pas d’explications concernant les raisons du refus du poste et qu’ils doivent ensuite recommencer du tout début les démarches d’embauche. 

Devant cette situation, les spécialistes en recrutement sont unanimes : les potentiels candidats et candidates qui disparaissent de cette façon lors d’un processus d’embauche risquent de voir leur nom entaché et leur carrière en souffrir sur le long terme. Si des employeurs d’une même industrie discutent entre eux, la réputation professionnelle de la personne qui « ghoste » peut véritablement en pâtir et, si un poste se libère plus tard dans la même entreprise, voir ce dernier leur filer entre les doigts!

 

Par Caroline Bouffard – 37e Avenue

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